Au cours de l’année écoulée, les indicateurs macroéconomiques américains sont devenus clairement hétérogènes :
le marché du travail se dégrade, la confiance des consommateurs reste faible, la consommation résiste, le PIB demeure solide, tandis que les marchés boursiers atteignent des sommets.
Il ne s’agit pas d’une incohérence statistique, mais d’une transformation structurelle : l’économie américaine fonctionne désormais selon trois niveaux parallèles et de plus en plus dissociés.
Niveau 1 : l’économie du capital et des actifs
Dominée par les grandes technologies, l’IA, les semi-conducteurs, l’énergie et la défense. Peu dépendante de l’emploi ou de la consommation de masse, elle bénéficie de flux de trésorerie élevés et d’un fort pouvoir de fixation des prix. C’est le principal moteur des marchés financiers.
Niveau 2 : l’économie des services et de la consommation
Incluant le commerce, la restauration, la santé et l’éducation. La consommation se maintient, mais repose de plus en plus sur l’épargne accumulée et le crédit, tandis que la confiance reste en retrait.
Niveau 3 : l’économie productive et des PME
Très sensible aux taux d’intérêt, confrontée à une baisse des nouvelles commandes et des embauches. C’est généralement ici que les tensions sur l’emploi apparaissent en premier.
Cette lecture en trois niveaux permet de comprendre pourquoi le PIB résiste alors que le ressenti économique se dégrade, et pourquoi les prix des actifs progressent malgré les fragilités du marché du travail.
Dans ce contexte, l’enjeu n’est plus de prédire la conjoncture, mais de gérer les déséquilibres structurels et leurs effets asymétriques.
